mercredi 3 avril 2013

Suicide du médecin de Koh-Lanta, un arbre qui cache la forêt ?


Le 1er avril 2013, le Dr Thierry Costa a mis fin à ses jours, une dizaine de jours après la mort d'un candidat de la célèbre émission. Ce sont deux familles brutalement percutées par les drames de la vie. Courage à elles.
Concernant le décès de ce candidat, rappelons que des jeunes gens meurent régulièrement de façon soudaine sur les terrains de sport sans qu'aucun médecin n'ait pu déceler la moindre anomalie auparavant. Et cela se voit même chez de grands sportifs professionnels surveillés sur toutes les coutures. Les médecins ne sont que des médecins, pas des devins.
Quant au suicide de ce médecin, son statut fait que l'affaire a logiquement été médiatisée. Comment pourrait-il en être autrement dans notre société ? D'autant plus avec la chaîne de télévision concernée, et la société de production concernée... Cela permet au moins de rappeler ou de faire savoir que le suicide des médecins n'est pas une rareté bien au contraire. Le taux de suicide chez les médecins est par exemple deux fois plus élevé que chez les agents de France Télécom... Dans la population générale âgée de 30 à 65 ans, ce taux est de 6 % alors qu'il atteint 14 % chez les médecins. Les médecins ne sont pas seulement ces gens qui s'enrichissent sur la maladie et le malheur des uns et des autres. Les médecins ne sont pas seulement ces honteux personnages qui réclament toujours plus de dépassements d'honoraires. Ce sont aussi des personnes qui souffrent en rentrant chez elles le soir en pensant à leurs patients qu'elles n'ont pas réussi à sauver, au diagnostic auquel elles n'ont pas pensé, ou pensé trop tardivement. Ce sont pour certains d'entre eux en rentrant le soir à la maison des hommes et des femmes qui fument, boivent, prennent des somnifères, des anxiolytiques, des antidépresseurs, souffrent de burn out, voire se suicident, et cela plus souvent que dans la population générale. Alors avec les 300 € que chaque médecin verse annuellement au Conseil de l'Ordre, ne serait-il pas possible de leur offrir une petite consultation de médecine préventive, une consultation auprès d'un autre soignant ou d'un confrère histoire de leur rappeler que ce sont des hommes et des femmes avec leurs qualités, et leurs faiblesses, qu'ils ont droit d'être patient avant d'être médecin, et qu'enfin, certains ont besoin d'aide avant qu'il ne soit trop tard ? Même s'ils sont conscients de leurs difficultés, comme beaucoup, ils ont besoin qu'on leur annonce et qu'on leur tende la main, ni plus, mais ni moins que tout un chacun.
C'est ce que je pense.

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