dimanche 5 avril 2020

ET PENDANT CE TEMPS, MAIS QUE FAIT LA PMI ? #COVID-19



Crise sanitaire ou pas, bien des services de Protection Maternelle et Infantile (PMI) ont un genou à terre quand ce ne sont pas les deux. Crise sanitaire ou pas, faute de pilotage et d'harmonisation au niveau national, leurs organisations varient d'un département à l'autre. Plus spécifiquement durant la pandémie COVID-19 actuelle, mais que fait la PMI ?

L'organisation décrite ici reflète seulement ce qui a été mis en place sur un petit territoire, absolument pas la continuité de tous ces services sur l'ensemble du pays.

Avant de rentrer dans le détail, quelques éléments de contexte et réflexions :

-La stratégie du confinement a été adoptée depuis le 17 mars pour tenter de ralentir la progression de l'épidémie.

-Certains déplacements sont néanmoins autorisés, notamment dans le domaine médical pour des consultations et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés ; consultations et soins des patients atteints d'une affection de longue durée.

-Un train pouvant en cacher un autre, voire plusieurs autres, il est important de communiquer à ce sujet.

-Car les projecteurs étant à juste titre exclusivement braqués sur le Coronavirus, il faut avoir à l'esprit que dans l'ombre, d'autres pathologies surviennent, évoluent, s'aggravent. Il est primordial que les patients continuent à se faire suivre par leur médecin lorsqu'ils sont atteints de maladie chronique, primordial qu'un lien soit maintenu avec les personnes les plus fragiles, les personnes isolées, les familles traumatisées comme illustré ici : LE TITRE DE TONTON ? . Il est fondamental que la lutte contre la pandémie en cours n'occulte pas la mobilisation nécessaire contre les dommages collatéraux que ce contexte exceptionnel engendre déjà et que l'on découvrira trop tard avec torpeur si on attend l'heure du déconfinement.
A ce sujet, j'invite mes collègues soignants à relayer ou signer l'initiative de mon confrère le Dr Jean-Baptise Blanc ici : Risques de dommages collatéraux du Covid

Concernant la périnatalité, COVID-19 ou pas COVID-19, des femmes continuent de découvrir leur grossesse. Malgré les prouesses de la médecine, l'option « pause grossesse » pendant cette crise sanitaire n'est pas prévue. Par conséquent les grossesses continuent d'évoluer, des femmes continuent d'accoucher, des bébés confinés continuent de naître, de jeunes parents retournent se confiner chez eux avec leur petit bambin, seuls, parfois loin de leur soutien familial, amical. Les enfants relativement préservés par les formes sévères de la maladie qui parcourt le monde actuellement doivent pouvoir être protégés contre les autres maladies infectieuses évitables.

Les soignants des services de PMI font partie des acteurs sanitaires contribuant à la prise en charge des femmes enceintes, des femmes accouchées, des nourrissons, des nouveaux parents.

Pendant que le cyclone COVID-19 tourne sur le pays, quelle part prennent-ils ?

Le ministère des solidarités et de la santé a donné une feuille de route ici : Continuité des missions de PMI et de planification.

Ce qui suit est un résumé de ce qui s'est mis en place en quelques jours sur un bassin de population d'un peu plus de 200 000 habitants (3 médecins de PMI) répartis en zones rurales et urbaines, considérant que le service est un maillon de la chaîne du champ sanitaire qui au même titre que les autres maillons a dû s'organiser pour tenir son rôle dans cette lutte contre l'épidémie.

Sur ce territoire, depuis le 23 mars trois sites PMI distincts sont maintenus en activité. L'un est dédié exclusivement à l'activité prénatale, les deux autres à l'activité pédiatrique (un pour l'urbain, le second pour le rural) évitant ainsi que femmes enceintes et jeunes enfants se croisent sur le même site. Infirmières, infirmières puéricultrices, médecins, sages-femmes de PMI s'y relaient pour exercer chaque jour de la semaine exclusivement sur rendez-vous espacés afin d'éviter les croisements et les regroupements de personnes en salle d'attente. Des visites à domicile sont maintenues pour les situations qui le nécessitent. Tout est assuré dans les meilleurs conditions de sécurité et d'hygiène possibles pour les patients comme pour les professionnelles. Le Centre Hospitalier du secteur s'étant organisé pour faire sortir plus précocement les jeunes mères et les nourrissons, le personnel de santé PMI est prêt pour assurer le relais et répondre au plus tôt. Pendant que les soignants sur site sont exclusivement centrés sur leurs consultations, d'autres en télétravail assurent le soutien téléphonique des familles suivies avant la mise en place du confinement ainsi que des nouvelles familles faisant appel au service. Chaque professionnelle alterne entre activité en télétravail et activité clinique sur site puisqu'il faut à la fois maintenir et même renforcer l'activité sur le champ sanitaire tout en respectant le principe de confinement.

Une cellule de régulation a été mise en place afin d'assurer la coordination, le bon fonctionnement et la logistique de ces trois sites en activité. Un numéro de téléphone unique diffusé à nos partenaires permet de centraliser toutes les demandes et sollicitations. Un professionnel de santé y assure une permanence téléphonique pour les conseils et premières réponses aux familles en s'appuyant ou en renvoyant sur un médecin en cas de besoin.


Dans ce petit bout de France et dans l'ombre, des soignants prennent part à leur niveau, de leur place et avec leurs moyens à la tâche. Sachant que dès le départ la règle du jeu a été donnée et écrite noir sur blanc par leur direction. Tous ces soignants ont été formés en milieu hospitalier. Une bonne partie y a exercé. Certains ont également connu l'exercice libéral. En fonction de l'évolution des événements, tous savent qu'ils pourront être réquisitionnés pour offrir leurs services ailleurs, prendre part à la lutte d'une autre façon, parfois en première ligne. Parce que c'est ça le monde des soignants. Ce monde qui fait corps par delà les polémiques et les guerres d'ego. Ce corps de besogneux anonymes qui tient la mêlée pendant que des remplaçants potentiels se préparent mentalement, s'échauffent discrètement en même temps qu'ils jouent un match tout aussi fondamental pour limiter voire éviter certains dommages collatéraux liés à cette crise.

Mais le plus important c'est vous. Le plus important c'est nous, ce nous qui fait société. Nos armes actuelles pour limiter la casse, ce sont nos gestes quotidiens, nos comportements, notre bon sens, la bonne et juste distance bien sûr entre nous mais aussi par rapport à tout ce qui est raconté et relayé en boucle sans toujours avoir été vérifié. Ce pouvoir-là, c'est le plus précieux, il est entre nos mains.

#YESWECAN

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